
Mon histoire face au burn-out
Le jour où mon médecin me diagnostique un burn-out, c’est comme si mon mental prenait enfin conscience du problème. J’enchaîne les siestes et les longues nuits. Mon corps tente de récupérer l’énergie qu’il a utilisé bien au delà de ses possibilités depuis trop longtemps … le burn-out (ou surmenage) est un processus lent, multi-factoriel et insidieux. La fatigue et le stress ont masqué mon jugement, et il était pour moi difficile de prendre pleinement conscience de ce qui n’allait pas. Et un jour mon mental a craqué à la réception au travail d’un énième message mentionnant tous les problèmes non résolus. Là mon système a dit stop. Ce jour là, la vie n’avait plus de saveur. Je ne comprenais pas comment j’en étais arrivée là. J’avais tant donné de mon temps, de mon énergie, de ma volonté et malgré tout rien ne marchait. J’essayais de bien faire et pourtant j’avais le sentiment que tout le monde me reprochait de ne pas aller assez vite, assez bien. Je parle un peu plus longuement des symptômes et ressentis que j’ai vécu ci-dessous.
Heureusement, j’ai pu être prise en charge et j’ai eu la chance d’être accompagnée par des personnes bienveillantes, qui m’ont soutenue, comprise, pour que je puisse prendre du recul, comprendre ce qui s’était passé et tenter de récupérer pour pouvoir envisager un futur. Malheureusement, tout le monde n’a pas cette chance. C’est pourquoi j’ai créé ce blog afin d’éveiller les consciences, trouver un lieu serein pour aborder ce problème de santé majeur.

Que s'est-il passé?
Pour avancer, il me fallait comprendre pourquoi j’en étais arrivée là. Après quelques semaines de convalescence, j’ai pu retracé le chemin parcouru et les nombres signaux d’alerte que j’ai ignoré.1. Fatigue intense et chronique. C’est simple, après voir vu mon médecin, j’ai dormi 28h en 36h passées. Je me levais pour manger, comatait un peu et me recouchait comme si je n’avais pas dormi depuis des jours. D’habitude quand je faisais une sieste d’1h l’après midi j’avais du mal à me rendormir le soir. Là, pas du tout ! Cela peut s’expliquer par les nuits très fragmentées et instables que j’ai eu durant au moins trois ans. Je pensais continuellement à mon travail, je travaillais même dans mes rêves…. Difficulté à m’endormir, réveil nocturne avec difficulté voir impossibilité de me rendormir … régulièrement je me levais plus tôt en me disant « comme ca je vais pouvoir avancer et gagner du temps sur mon boulot ! ». Il me fallait accepter de tout laisser tomber pour me reposer enfin. 2. Sous-estime de moi même.J’avais le sentiment qu’on me trouvait nulle, incompétente et trop lente (syndrôme de l’imposteur bonjour!). Quand je recevais mes évaluations chaque année j’étais surprise que l’on me félicite et je n’y croyais même pas vraiment. 3. Difficulté à contrôler mes émotions.Je m’emportais facilement. Je prenais mal certaines paroles de mon entourage alors qu’il n’y avait ni reproche ni arrière pensée. J’étais souvent stressée si le timing dans mon planning n’étais pas respecté.4. Bruxisme.Je ne m’en suis rendue compte que récemment mais je sers la mâchoire et particulièrement quand je me concentre ! Je dois maintenant défaire ce réflexe en me concentrant tous les jours pour détendre les muscles. Pourtant je sens bien une douleur à ce niveau, mais je n’y prêtais pas attention jusqu’alors.5. Douleur au ventre.J’ai passé plus d’un an avec une douleur au ventre tous les matins entre 5h et 7h (parfois je devais me lever pour que ça passe). J’ai fais un rdv gastro, j’ai fais une radio du dos, sans jamais penser que cela pouvait être le stress ! Depuis mon arrêt maladie et mon repos, ça va beaucoup mieux. J’avais tout simplement le système digestif en compote.6. Pleurs et sanglots.
Je pleurais souvent. Parfois sans raison. Je me disais que j’étais surement un peu fatiguée et stressée, et que ca allait passer.